- ARGENTINE 1ère partie -
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Tout savoir sur l’Argentine |
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L'Argentine, enfin ! Ce pays de 2'766'000 km carré et le deuxième pays d'Amérique du sud. 34 millions de gens y habitent et Buenos Aires y est la capitale. Pour nous le temps des asados (viande de bœuf grillée), des bons vins, du tango et du football...est enfin arrivé !
A la frontière, quelle surprise: un poste de douane flambant neuf perdu au milieu des plaines désertes et des douaniers sympas qui nous indiquent déjà les routes à suivre.
Bien que l'accent argentin diffère un peu des autres pays nous arrivons toujours à nous faire comprendre dans nos prononciations hispano-vaudoises.
les pistes restent caillouteuses et sablonneuses mais nous nous réjouissons déjà de l'énorme steak que nous allons pouvoir engloutir pour le souper. Tellement joyeux qu'en passant dans le village de Catua nous décidons de ne pas nous arrêter et de continuer sur Cauchari. Il est 16h00, il reste encore 30 km mais qu'importe, le prochain village sera encore plus grand
et donc, les steaks aussi...Hervé, qui est un peu plus rapide que les deux autres, leur crie: OK les gars, on se voit dans trois heures. Je vous attendrai dans le meilleur bistrot !.
C'est ainsi qu'après 30 km à travers les montagnes, un magnifique troupeau de vigognes et un mini désert de sel, les trois compères se retrouvent, hébétés et surpris dans " Cauchari pourri ".
Il y a une dizaine de maisons, toutes abandonnées et pas un chat ! Fini les steaks et la bière tant rêvée...Nous nous abritons dans l'une des maisons et entamons notre ultime soupe mélangée avec notre déjeuner (avoine). Etant tellement surs de rencontrer un village, nous n'avions pas trouve utile de remplir nos bidons d'eau. Nous voilà donc avec un litre pour les trois...C'est la gorge sèche que nous tombons dans les bras de Morphée, chacun avec une petite pensée: Pierre: un énorme tonneau de bière, Frédéric: une caisse de jus pamplemousse et Hervé: un bidon de lait à la fraise.
Le lendemain, après une dizaine de kilomètre nous débarquons à Olacapato (avertissement pour nos lecteurs assidus: ca ne sert à rien de chercher dans vos atlas, c'est pas marqué...).
Cette fois-ci c'est la bonne ! Nous prenons place dans une sorte de restaurant familial ou nous commandons un déjeuner " light " : - pain, beurre, confiture suivis de viande, pâtes, riz, œuf et un petit café pour la digestion.
En sortant nous avons un peu de peine a marcher mais c'est avec courage que nous reprenons la route jusqu’à San Antonio de los Cobres. Un grand jour car nous franchissons notre dernier haut col du voyage à 4600m. La route est longue et serpente dans les montagnes. Heureusement les rencontres ne manquent pas: deux voitures et un troupeau de lamas souriants qui, attirés par l'odeur de notre Pierrot, viennent lui faire des bisous. Pierre est bien embêté, ces jolies bestioles à l'haleine fétide sont tellement près qu'il n'arrive pas à faire de photos. Après cet émouvant hommage de la bête et de l'animal nous repartons sur San Antonio en voyant , au loin, le superbe train de los nubes (des nuages). Ce train qui passe dans 21 tunnels, sur 29 ponts et 13 viaducs est, parait-il, une excursion inoubliable que nous préférons contempler de loin vu que le billet coûte la modique somme de 100$ par personne !!!
San Antonio n'a rien d'une station balnéaire. Avec ces 2000 habitants, c'est plutôt un village délabré mais où l'on trouve de tout. Même des semi-hotels a un prix ne défiant aucune concurrence. En Bolivie, on dormait pour quatre fois moins cher et pour la même qualité !
Bref, on se résigne donc a abandonner les hôtels pour le reste de l'Argentine et on part dormir dans une maison en construction. Au petit matin (6h00) un homme rentre, complètement encagoulé:
- Qu'est ce que vous faites ici ?
- On dort.
- Vous pouvez pas dormir ici !
- Ah....
- Je suis le gardien des maisons et mon chef va me tirer la peau du cul si il apprend que vous avez dormi là.
- Ok, ok, pas de problème, on s'en va.
Malheureusement, notre réveil forcé et matinal n'eut rien d'utile vu que tout était fermé dans
le village. Nous attendons donc notre déjeuner en sautillant et en tapant des mains tellement l'air est froid. Deuxième grand jour, et oui, aujourd'hui c'est l'anniversaire du beau blond (Frédéric). Tout comme Obelix avec les romains, Pierre et Hervé lui ont réservé une belle surprise: 3000m de pure descente pour enfin retrouver la civilisation, sans oublier le désormais symbolique oignon anniversaire ! Nous partons donc, plein d'entrain, pour 160 km en direction de Salta. Une vingtaine de kilomètres de piste, un petit col a 4060m et la voilà: belle, lisse, des courbes à faire rêver, c'est la fameuse descente, quasi goudronnée qui doit nous ramener dans les plaines !
Le début est facile: 30 km/h de moyenne sur une quarantaine de kilomètres avec des jolies pointes de vitesse. Le paysage commence à changer. Cette fois, en plus des cailloux, il y a une multitude de cactus, tous plus phalliques les uns que les autres. Un petit vent commence à se lever et par malchance il n'est pas de notre coté. 30, 20, 15, 12, 10 , 8 km/h, cette fois le vent est violent et nous avons de la peine à rouler droit. Pour couronner le tout, la belle route goudronnée fait place à un style de piste que nous connaissons que trop bien.
Après le pique-nique de fête (eh oui, il y a de l'oignon avec les sardines, aujourd'hui!) nous reprenons la route, nez sur le guidon, pour favoriser une meilleure accélération 10 km/h en descente !!! Y'en a ras le bol, c'est l'anniversaire de Frédéric, on se tape plus de deux semaines de routes catastrophes et la belle descente tant attendue se révèle impitoyable.
Un camion surgit à l'horizon, nous sommes prêts ! N'écoutant que son courage, Frédéric lâche son vélo et se couche sur la route, Pierre enlève son pantalon pour exhiber ses caleçons x-line Migros et Hervé a déjà la main sur son canif suisse au cas ou le chauffeur refuserait de s'arrêter. OUF ! Le camion fait halte. Nous nous approchons le sourire ensable et lui expliquons notre soucis: un car de Suédoises nous attend a Salta ce soir et vu l'état de la route ainsi que le vent qui s'en donne à cœur joie, il nous sera impossible d'y arriver a temps. Le sympathique chauffeur rigole et accepte de nous embarquer dans sa benne pour les 70 derniers kilomètres.
Ahhhhh, comme la vie est belle ! Nous pouvons contempler et profiter pleinement de cette magnifique vallée: des montagnes multicolores, les cactus qui font place à de superbes arbres et une jolie rivière qui borde la route où les vaches et chevaux s'abreuvent tranquillement.
Les alentours de Salta sont splendides: champs d'herbes d'un vert verdoyant… (ca faisait plus de deux mois que l'on en avait plus vu) et de superbes villas avec piscine. Des la descente du camion nous nous rendons au camping communal qui a lui aussi sa piscine. En chemin, nous croisons des supermarchés, des boulangeries et de plus les voitures ont change de look: on se croirait plutôt a l'avenue d'Ouchy en plein mois d'août... Le continent s'appelle Amérique du Sud mais nous comprenons que les dernières pages de notre voyage sont entrain de se tourner et que le style de vie en Argentine et au Chili correspond plus a nos contrées...
On dévalise tout ! Fini les sardines, a nous les apéros saucisson-fromage, les empanadas (chaussons fourres à la viande, légumes, oignons et olives), le pain frais, les légumes sans parler de la viande et du vin !
De plus, on pourrait croire que l'Argentine fait des économies sur le tissu: les filles ont un style micro-mini-jupe qui ne laisse pas indifférent...N'étant là que pour le travail nous préférons marcher droit faisant fi de rien aux sons des cris, des pleurs, des sifflements et des évanouissements qui se produisent à notre passage. Pourtant, malgré notre sérieux, deux sœurs: Silvana et Emilce arrivent à percer notre blindage. Après au moins 10 secondes d'intenses efforts pour ne point succomber nous voilà embarques en disco pour une démonstration de rock Argentin.
Elles sont sympathiques et bien décidées à nous faire connaître Salta. Restaurants, parcs, cinéma et un petit cadeau pour chacun de nous: un magnifique t-shirt de la ville ainsi qu'une invitation a passer un week-end chez leurs parents a 120 km de la. Nous acceptons sans hésitation et reprenons la route des le lendemain pour être a temps au rendez-vous.
Un soir, nous nous arrêtons à Cobra Coral. Il y a un camping, totalement désert à cette période de l'année, ou nous profitons du lac pour faire trempette. Au moment du souper, le ciel se couvre et le responsable du camping nous propose une salle ou dormir. Le ciel est noir, gronde et il commence à pleuviner. Les dinoso-mosquitos volent autour de la lampe dans un vacarme effroyable et voilà qu'arrive, d'un air nonchalant, une énorme araignée noire, velue et poilue jusqu'au bout des pattes. D'un bond, nous nous retrouvons tous sur la table et après quelques secondes, vos trois valeureux chevaliers reviennent, armes de leurs appareils photos pour immortaliser ce monstre d'au moins 15 cm de long !
Au moment du lavage des dents, autre frayeur. Cette fois, c'est un crapaud aussi gros qu'un poulet (non, nous ne touchons pas à la drogue!) qui vient nous saluer. Ni une, ni deux, on déballe les tentes pour les installer à l'intérieur de la maison. Apres ca, vous comprenez mieux a quoi nos petits êtres sont soumis, chaque jour, chaque nuit et avec quelle bravoure, au mépris de tous dangers nous continuons notre route.
Guachipa nous voilà. Ce charmant petit village n'aurait jamais du nous voir si Silvana, Emilce et leurs parents ne nous y avaient pas invite. A notre arrivée, nous sommes un peu perdu car l'adresse a beau être juste, les noms de rues sont, quant a eux, inexistants. Voilà qu'un brave homme s'approche et nous demande si nous cherchons la maison des Vasquez. Surpris, nous rigolons et suivons cet homme qui se trouve être un des oncles. A voir, toute la famille (et c'est pas peu dire) est au courant de notre arrivée.
Apres avoir pris nos quartiers dans une maisonnette près du camping, nous nous retrouvons tous chez les Vasquez pour un dîner de fête. Soupe, poulet, légumes, spécialités du coin, fraises à la crème du jardin le tout arrose d'un bon verre de vin rouge coupe au Coca-Cola. Oui, nous le savons bien, c'est dur a entendre et encore pire a voir, mais c'est bien une chose courante en Argentine. Pour le goût, ma foi, ce n'est pas si terrible.
Le soir, après avoir déguste une bonne pizza dans le restaurant tenu par la famille nous partons voir la fête du village. C'est samedi et le groupe fort connu de Santa Fe fait danser la foule sur
des rythmes endiablés mais néanmoins très folkloriques. Le lendemain, après avoir sauvé un chien tombe dans un trou d'au moins 6 mètres et resté là quelques jours nous partons dîner chez la petite famille qui nous a préparé un énorme asado cuit à la braise. Pour le dessert, en plus des fraises ont la crème, nous allons assister à un match de football inter-villages. Ah...le football, impossible de parler de l'Argentine sans parler du football. Ici c'est une deuxième religion. Autant dire que nous passons vraiment pour des sous-développés vu que nous ne connaissons aucun nom de joueurs helvétiques... Eux, par contre connaissent l'équipe de St-Gall ainsi que des noms de joueurs allemands et italiens.
Buenos Aires compte au moins trois stades immenses, qui offrent plus de 70'000 places et une ambiance démente ! L'Argentine a deux équipes favorites: les River Plate et Boca. Il est toujours très drôle de constater que les familles sont divisées entre ces deux équipes et que parler football n'est pas qu'une histoire d'hommes. Afin d'être dans le vent, nous choisissons-nous aussi notre équipe: Pierre les River et les deux autres pour Boca. Il est évident que chacun est prêt à retourner sa veste selon les circonstances...
Le sympathique week-end chez la famille Vasquez touche à sa fin et nous repartons après d'émouvants adieux en direction de Cafayate. Cafayate est une charmante bourgade ressemblant un peu aux petits villages dans le midi de la France, entoure par les vignes et ou l'on prend plaisir a se perdre sur les chemins alentours.
La route qui relie Salta-Cafayate est splendide et les agences de voyage l'ont bien compris. Nous n'allons pas nous en plaindre car cela nous permet de découvrir de sacres spécimens très spéciaux mais toujours très gentils. Ils ont le teint rouge vif et ont une sorte de crème pâteuse blanche qu'ils étalent avec parcimonie sur leur nez et leurs oreilles. Ils se baladent, en principe, par groupe de 15 et on a toujours l'impression de retrouver les 7 nains. Il y a le français moyen qui se demande bien pourquoi il a pris des vacances en Argentine alors qu'il y avait la même chose autour de Paris. Le brave Robert qui fait rire la compagnie avec ses gags vieux de 10 ans, la gentille Marguerite avec des shorts trop courts qui laissent apparaître de véritables cartes
routières sur ses cuisses et qui se plaint de la chaleur excessive, sans oublier non plus, le brave Cousteau, bonnet sur la tête malgré les 40 degrés à l'ombre a l'affût de la petite bebette qu'il veut absolument immortaliser sur son Kodak de 1960. Vous l'aurez compris ce sont des touristes ! A signaler que toutes ressemblances avec des personnes existantes ou ayant existés seraient purement fortuites.
Nous les aimons bien, même s'ils posent toujours les mêmes questions dans le style de Marguerite : -Mais c'est pas trop dur de faire du vélo ??? ou dans la lignée du Robert: - Ouah, moi je fais 2 km et il me faut déjà une terrasse, ah, ah, ah et le brave Cousteau de rajouter: -En tout cas, ca doit être drôlement enrichissant, non ?. Bon, fermons la page touristes et retournons plutôt sur cette magnifique route d'avant Cafayate. J'insiste car elle est vraiment belle (la route...). Imaginez: un énorme canyon aux couleurs rougeatres-orangeatres ou, au fond passerait une route longée par une jolie rivière et ou, tous les 5 km, il y aurait un panneau pour indiquer une curiosité naturelle.
Un caillou en forme de crapaud, un énorme cirque crée par l'érosion, des grottes ainsi que des piques ou l'on croirait que la boue dégouline dessus tout comme une stalactite. Pour aromatiser, imaginez aussi, ça et la, de petites oasis très vertes ou les animaux viendraient se rafraîchir.
Ben voilà, ca ressemble un peu a ca la route Salta-Cafayate qui, soit dit en passant, est merveilleusement goudronnée et presque plate ! En arrivant, trois travaux, très importants nous attendent: 1): manger des empanadas (les fameux chaussons fourres à la viande), 2): visiter les caves Etchart et 3): prendre une décision pour la suite de notre voyage car le temps presse !
L'engloutissage des empanadas s'étant bien passe, nous décidons de trouver un refuge pour la nuit. La visite des caves et la discussion seront pour le lendemain. Nous arpentons les rues sur nos montures a la recherche d'auberges familiales. Même en étant les moins chères (10 à 12 CHF par pers !) nous ne pouvons nous permettre pareil luxe. Hervé se rend donc a l'hôpital en faisant croire que nous dormons souvent dans ce genre d'endroit. Malheureusement, le médecin de garde (un king-kong en puissance) ne l'entend pas de cette oreille et préfère lui indiquer le camping. En sortant, voilà qu'arrive une infirmière qui, ayant suivi toute la conversation, rattrape Hervé et lui propose de venir dormir chez elle. Un sourire est tout est dit ! Nous voilà donc chez cette famille de 4 enfants. Elle, touche 300 Frs par mois (en travaillant de 13h00 a 21h00) et adore l'équipe de football Boca. Son mari, quant a lui, effectue des petits travaux de rénovation mais est pour l'équipe des River...Une famille bien gentille ou nous aurons passe un agréable moment et une bonne nuit ! Le lendemain, c'est du sérieux. Nous avons au moins 10 km a faire pour nous rendre jusqu'aux caves Etchart et y goûter le fameux vin de la région. Blanc, rose, rouge, tout y est presse et nous sommes surpris d'apprendre que les tonneaux en bois utilises pour l'entreposage du vin viennent de France. En effet, le bois de la région a une senteur bien trop forte qui empêche de l'utiliser comme tel. Nous nous offrons une bonne bouteille de rouge pour le pique-nique et entamons la grande discussion qui se révélera en fait assez courte.
Le problème est simple: nous avons une bonne semaine de retard sur le programme et nous désirons gravir l'Aconcagua (plus haute montagne du continent américain, 6965m qui se trouvait être la sentinelle de pierre pour les Incas) avant le 31 décembre 99. Cela demande un minimum de préparation et nous ne pourrons y arriver si nous continuons a vélo. La décision est vite prise: nous voulons aller tenter notre chance sur ce sommet ! Le lendemain, nous embarquons dans un super bus couchette avec climatisation, TV, sandwichs et cafés en direction de Mendoza. En Bolivie on appréhendait le bus mais alors la, même si ce n’était pas dans notre idée de voyage, nous nous accordons quand même a dire que c'est agréable de faire les glands... 1200 km plus loin, après 14 heures de bus, nous voici dans la jolie cite de Mendoza, au pied de la cordillère. Très verte, des parcs a tous les coins de rues merveilleusement décorés, Mendoza offre un repos certain. Des rues piétonnes ou il fait bon flâner, des jolies terrasses, des artistes qui égaient les rues et encore et toujours ces charmantes Mendozinoises qui n'en loupent pas une pour nous faire trébucher. Aux abords de la ville, ce sont d'énormes centres commerciaux a l'américaine ou l'on trouve de tout. Du cinéma a la voiture en passant par la boucherie.
Une chose nouvelle pour nous dans ce pays sont les horaires: 14h00 a 17h00 c'est la sieste et il est inutile de vouloir aller souper au restaurant avant 21h00 ! Pour les discothèque, c'est la même chose. Avant 01h00, c'est désertique. Ca nous change un peu du rythme qu'on tenait dans le sud Bolivien: lève 06h00, couche 20h00. Pour nous, les activités vont bon train dans la ville: chercher le permis pour l'ascension de L'Aconcagua, trouver du matériel de montagne a louer au meilleur rapport qualite-prix. Acheter pour 20 jours de nourriture, réserver une mule pour le transport, un peu d'internet et de téléphone pour rassurer nos parents qui préféraient nous voir sur nos vélos, sans oublier non plus une visite de la ville et des environs ainsi qu'un petit rendez-vous chez le dentiste pour Hervé qui a une dent de sagesse qui n'est pas décidée a pousser droit. Pour notre séjour dans la ville, nous avons trouve une super auberge de jeunesse, en plein centre, moins cher que le camping et l'ambiance, ahhhhh...une ambiance terrible !
Ayant enfin un frigo, de l'eau courante, des plaques au gaz et un four, nous pouvons faire exploser le budget alimentation ! Chacun s'adonne, a tour de rôle, a ses mets favoris pour le plus grand plaisir, hm, hm, des résidents. Frédéric tente des gnocchis au fromage moitié-moitié (500 gr fromage - 500 gr gnocchis); remarque d'un jeune Américain: -" vous mangez de manière très riche en suisse... " et Frédéric de constater: -" il y a peut-être un peu beaucoup de fromage... " le lendemain, c'est Hervé avec des röstis maisons. Une découpe et un style impeccable mais ca manque un peu de cuisson. Des patates crues, ca n'a jamais fait de mal a personne, non ??? Et voilà le tour de Pierre qui détient la palme du flan au chocolat ! Consistance, aspect, goût, couleur, tout est magnifiquement juste. Un délice ! Etant reste plus d'une semaine dans cette maison nous aurons sans doute marque quelques résidents et locataires qui auront un autre avis sur les p'tits suisses. Des Chiliens/ennes, des Parisiennes, un Américain, un Irlandais, une Zougoise, Silvia la responsable, en bref: le carnet d'adresses qui n'arrête pas de se remplir de gens vraiment incroyables ! A souligner aussi que tous auront apprécié la fameuse fondue et la chanson du voyage qui trotte désormais dans beaucoup d'esprits.... Sacrés fondues, on les attend en poste restante à chaque fois avec impatience mais nous sommes de véritables enfants: tout disparaît tellement rapidement ! Un grand merci au passage à notre helvétique Michel Baumann qui ne nous oublie pas et s'amuse à nous faire regretter le pays: kirsch, fondues, biscuits "Hani", chocolats, il n'oublie rien !
L'heure du départ approche. Nous ne pouvons pas dire que nous aurons beaucoup roulé sur territoire Argentin mais avec nos aventures boliviennes et l'Aconcagua ainsi que la route australe qui se précisent nous avions bien besoin de recharger les batteries. Un t-shirt souvenir de l'auberge de jeunesse et nous voilà reparti en direction du Chili. En sortant de la ville, nous empruntons un chemin qui nous fait passer par les quartiers pauvres de Mendoza. C'est drôle, mais on avait tellement vu de gens miséreux avant qu'on s'y était presque habitué. Revoir ca un bon mois après, nous montre que le choc est toujours présent. Nous nous éloignons avec un petit peu de nostalgie de Mendoza la Linda (la belle) et bifurquons en direction des montagnes. le soir, nous nous arrêtons chez une famille de 7 enfants, âgés de 1 a 14 ans, qui tient un kiosque buvette au milieu des montagnes. Il y a de l'ambiance ! Les parents font face et le père nous promet que ce n'est pas fini, chose que n'acquiesce pas sa fille aînée...
La route commence a serpenter dans les montagnes et les magnifiques champs, vignes, arbres et autres font place aux cailloux. Durant la montée, nous croisons une vingtaine de cyclistes féminines qui tentent pour la première fois la traversée Mendoza (Argentine)-Vina del Mar (cote Chilienne) en passant par la cordillère. Nous profitons pleinement de ces jolies cuisses qui passent devant nos yeux a l'heure du repas. En effet, nous sommes assis dans un tunnel pour éviter la chaleur étouffante du soleil entrain de déguster nos fameuses sardines et nous ne sommes pas disposes a aller faire la course avec ces demoiselles.
Après avoir passe Uspallata, ou nous nous arrêtons pour nous baigner dans l'eau de la rivière sous les yeux amuses d'un car d'étudiants, nous passons Punta de Vacas. Le vent est violent et nous oblige a poser pied a terre. En montée, c'est charmant ! Deux jours après, c'est Puente de l'Inca notre auberge a vélos pour deux semaines. Eh oui, notre cadeau de Noël se profile à l'horizon:
L'Aconcagua.
Nous abandonnons donc shorts, sandales et vélos afin d'aller tâter de la petite brise andine durant quelques semaines.
Au début, nous voulions gravir ce sommet avec nos vélos. La route normale permettant d'accéder sans difficulté technique (hormis l'acclimatation) au sommet du monstre. Malheureusement, des demandes envoyées par E-Mail et des téléphones faits, jamais nous n'eûmes de réponses positives. La montagne est dans un parc protégé et nous ne pouvons y entrer a vélo. Nous comprenons vite que le fait de vouloir aller là-haut a vélo résulte de l'exploit et que sans un appui important (sponsors ou expérience autre que cyclo-rigolo) il ne nous sert a rien d'insister. Nous sommes a Puente de l'Inca, 2700m. L'entrée du parc Aconcagua est a trois kilomètres et nous nous préparons moralement et matériellement pour la grande ascension. Chaussettes, piolets, crampons, thermos, nourriture rien n'est oublie et voilà le résultat: un mule avec 67 kg sur le dos et nous trois avec pas moins de 30 kg chacun.
Après une dernière soirée bien arrosée avec nos amis muletiers nous rentrons enfin dans le fameux parc chacun avec son chargement spécial...Pierre son parasol a fleur et Hervé avec Rastacouette (le chien en peluche), tous les deux bien décides a les amener au sommet. La marche d'approche jusqu'au camp de base se fait agréablement et nous sommes très fiers de nos temps de marche par rapport a ceux indiques, surtout avec des sacs pareils.
Plaza de Mulas, 4300m, le camp de base avant la grande ascension. Pour grimper, il y a deux solutions: soit faire des portages de matériel et redescendre dormir plus bas ou partir léger et tout enchaîner. Hervé préfère la méthode rapide. Inutile de gaspiller de l'énergie a monter et a descendre si nous ne ressentons pas les effets de l'altitude. Les deux autres acceptent le principe et c'est ainsi qu'après trois jours passes sous la neige au camp de base (on l'aura eu notre Noël !) la grande montée peut commencer. Le matin, le temps est clément mais des 14h00 le vent commence a souffler et le froid se fait sentir. 4h30 de marche et nous arrivons au camp 2 (Nido de Condores, 5350m). La fixation des tentes s'avère sympathique vu le vent qui souffle mais une fois le travail termine nous pouvons nous livrer a une véritable partie de cache-cache. En effet, certaines personnes peu scrupuleuses se donnent bonne conscience en cachant leur nourriture sous des cailloux pour les suivants. Sachets de boissons en poudre, conserves, chocolats, litres d'essence congelée, un véritable supermarché ! Malheureusement, les poubelles éventrées gâchent un peu le paysage. Pour le souper, nous dégustons nos délicieuses pâtes lyophilisées, tous les trois blottis dans une tente. Le couche de soleil est splendide ce qui nous réchauffe un peu le cœur malgré un froid tenace et un problème existentiel: nom de botte, et si je dois me lever cette nuit pour faire pipi ???. Le lendemain matin c'est pas la joie. A entendre le vent qui souffle au dehors on préfère rester enfouis dans nos sacs. Quant au froid, ah...ce froid, impossible d'avoir la goutte au nez, elle gèle immédiatement. A 10h00 pourtant, on se lève mais Pierre a quelques gargouilles d'estomac. Il préfère ne pas continuer et redescendre au camp de base. Il faut préciser que n'ayant pas de guide pour réaliser le sommet, nous nous sommes mis d'accord sur le fait que personne ne jouerait au héros. Si quelque chose ne va pas, on redescend immédiatement. C'est ainsi que Frédéric et Hervé se retrouvent en couple pour continuer jusqu'au camp 3 (Berlin, 5850m). La marche est rapide et nous passons la fin d'après-midi a faire fondre de la neige pour remplir nos gourdes. Ti-ti-ti-ti, arrrgh ! déjà, le réveil de la montre ne trompe pas, il est 4h30, DEBOUT...Il fait horriblement froid et la neige vaporisée dans la tente durant la nuit n'aide en rien dans l'habillage. De plus, le vent fait claquer la toile de la tente dans un vacarme terrible. Mais il faut y aller, le ciel est dégage et ce sera aujourd'hui ou jamais ! C'est les pieds et les mains gelées que nous nous lançons pour le dernier long tronçon.
La récompense de tout montagnard qui se lève tôt et de pouvoir admirer les sommets qui s'illuminent les uns après les autres au petit jour. C'est fantastique, des jeux de lumières féeriques et un vent pas trop fort. Par contre en ce qui concerne le froid c'est " catataglagla"! Quand c'est pas les pieds, c'est les mains et quand les mains ce sont enfin réchauffées, il faut enlever les gants pour faire le petit caca matinal. Autant le dire, avec une température avoisinant les -25 degrés, on attend vraiment le dernier moment ! Les discussions vont bon train: -" Ca en chie, hein ?...ouais. - T'as vu à gauche comme c'est beau ?... ", " ch'peux pas, ca caille trop ! ". -" Heureusement qu'on a pas pris les vélos...j'y pensais. C'est dans ces moments la que je repense au livre: les conquérants de l'inutile. C'est vrai, on était bien sur nos vélos. Pourquoi venir se les geler aussi haut. En plus, on a l'impression d'être des impotents: on fait 100m et il faut reprendre son souffle pendant plusieurs secondes, appuyé sur les bâtons.
Pourtant au fond de chaque personne, il y a toujours cette petite satisfaction de l'exploit qui doit être assouvie. Certains au travail, d'autres dans le sport, l'humanitaire ou en amour peut-être ? Et c'est tous ces petits exploits personnels, que l'on fait quelques fois dans sa vie qui nous permettent de faire un pas de plus en avant. De pouvoir se dire: j'ai fais quelque chose d'incroyable quand même. Voilà pourquoi, au mépris du froid, du vent, de la fatigue, nous continuons, toujours plus haut, toujours plus loin. Pourtant un problème se fait sentir pour Hervé; nous sommes a environ 6700m, le sommet se voit déjà mais sur les 6 heures de marche il a bu moins d'un demi litre ! Autre problème, les gourdes sont entièrement gelées et il ne reste plus qu'un thermos de soupe qui s'avère trop lourd a digérer. La tête commence a tourner, un froid de pied qui persiste et sans eau, Hervé préfère redescendre et laisser le chameau (il n'y a pas d'autres termes pour quelqu'un qui boit moins d'un litre en 6 heures de marche) continuer seul. Le brave Frédéric a la forme, il se contente d'un peu de neige pour l'hydratation et arrive vers 13h30 sur le plus haut sommet des Amériques ! Le temps est plus clément au sommet (-5 degrés) que dans la " canaleta " (couloir exposé aux vents à emprunter avant le sommet) ce qui lui donne tout le loisir d'admirer la vue durant plus d'une heure !
Pendant ce temps, Hervé redescend, un peu déçu et quelques peu inquiet quant a sa déshydratation. Les jambes vacillent et la force commence a manquer. Arrive a 6250m, il s'arrête afin d'ouvrir une buvette-information. C'est simple, les gens qui passent, demandant toujours des informations sur la suite, il n'aura qu'a marchander des renseignements contre un peu d'eau vu que sa gourde, même après une heure sous la veste, refuse de se décongeler. Ca marche ! Apres trois groupes qui offrirent de l'eau par pitié, il peut enfin redescendre jusqu'au camp 3 (Berlin) ou nous avions passe la nuit. Frédéric, quant a lui, arrive aux alentours de 17h30, fatigue mais heureux de sa première aventure andine. Pendant ce temps, notre brave Pierrot qui était descendu pour faire la fête au pub du camp de base, remonta le jour d'après pour lui aussi tenter sa chance. Les deux autres descendent, Pierre monte, on se croise donc au camp 1 (Nido de Condores) ou il attend le lendemain pour se lancer. A l'écoute des aventures des deux autres, il ne se démotive pas mais ne fera pas la faute de laisser sa gourde sa congeler. Le soir Frédéric et Hervé s'offre une pizza aux 15 fromages dans une tente-resto du camp de base. La tente est petite mais voilà qu'une dizaine de Mexicains/nes débarquent. Deux ont réussi le sommet et ca se fête ! Super soirée ou les rires se seront fait entendre au loin...
Pierre, quant a lui, est toujours dans les hauteurs, slalomant entre les moments j'y vais, j'y vais pas, nous le verrons revenir deux jours plus tard, épuisé au camp de base. Malheureusement, il n'aura pas été plus haut que le camp 3 (Berlin, 5850m) mais aura tout de même profite du superbe levé de soleil. Voici donc une mini aventure a l'intérieur de la grande qui se termine. Une expérience différente, d'autres sensations, un autre milieu mais une satisfaction pour chacun de nous: nous avons dépasse notre record d'altitude et vécu d'intenses moments de froid... En ce qui concerne les vélos, aucun regret, nous n'aurions jamais pu les porter d'une seule traite aussi haut et même si nous l'avions fait cela aurait été presque inutile. Pas plus de 1/4 de la descente était faisable assis sur la selle, parole de spécialiste !
Une surprise par contre, c'était de découvrir à quelle heure les guides ou autres espèrent arriver au sommet. En Suisse, a moins d'une course spéciale, on prévoit d'arriver a la cabane entre 16h00 et 17h00, ici c'est l'heure d'arrivée au sommet !!! Une sacre stupidité qui est largement pratiquée pour éviter d'avoir froid aux pieds au petit matin et qui permet d'entendre par la suite (deux jours avant nous): il y en a trois qui se sont perdus, dont un avec la jambe cassée ou un gars est descendu hier avec les extrémités gelées, il a passé toute la nuit dehors car il ne trouvait plus le chemin.... Bref, on a essaye a notre manière, sans prendre de risque et le résultat ne fut pas si mal en comparaison aux autres expéditions. Apres quelques jours de repos au camp de base, voici qu'arrivent, à la date fixée, nos amis suisses ! Eh oui, Jutta, Evelyne, Jean-Christophe, Nicolas, Jean-Michel et Marc sont bien présents au rendez-vous. Ils viennent pour gravir l'Aconcagua par une autre face (glacier des Polonais) mais aussi pour nous voir après 10 mois d'éloignement ! Fondue, saucisson, chocolat, parties de chibre, ca fait du bien de retrouver les compatriotes, mais pour nous le temps presse car le permis de séjour dans le parc expire dans deux jours. Nous repartons, tout joyeux d'avoir pu voir un peu nos amis, en direction de Puente de l'Inca. Nous retournons chez nos amis muletiers qui sont devenus de véritables fans des topios vu qu'après avoir écouté notre chanson de voyage, ils nous crient ce mot a chaque fois: Ouaaaaaaaaa TOPIO !!! Ca résonne dans les vallées ! Le chef est content de nous voir partir car nos vélos étant entreposes dans leur dortoir, ils prenaient un malin plaisir a se réveiller le matin en utilisant nos Klaxons fixes sur le guidon. Une bonne journée pour tout re-équiper et nettoyer sans oublier un passage oblige aux bains thermaux ou nous sommes restes deux bonnes heures afin de nous décrasser un maximum dans l'eau chaude (35 degrés) a l'odeur de soufre. A signaler un record qu'il n'est pas utile d'ébruiter: plus de deux semaines sans douche ! On ne peut nier, ca sent la bête...
Quelques kilomètres et nous voici a la frontière chilienne. Une montagne sépare le Chili de L'Argentine et un tunnel permet de faire le passage. Pour nous, il est strictement interdit de passer à l'intérieur mais par chance, il y a un autre petit tunnel (anciennement celui du train) complètement refait qui nous permet d'accéder au spaghetti (nom donne au Chili). A nous les chaleurs étouffantes, les piscines avec des petites femmes qui dansent pour nous à longueur de journée et les tonneaux de bière... Santiago, quand tu nous tiens !
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- ARGENTINE 2ème partie -
(à lire après le chapitre " CHILI 2ème partie)
EN COURS DE FRAPPE…