- CHILI -

Le Chili, célèbre pour la grande diversité de son territoire, se trouve en Amérique du Sud. Le nord du pays est occupé par le désert d'Acatama, l'un des endroits les plus arides du monde. Dans cette région, les précipitations sont quasiment inexistantes alors qu'elles sont extrêmement abondantes dans le détroit de Magellan, à l'extrême sud du Chili. Le centre du pays est de loin la région la plus hospitalière. Il s'agit en effet d'une zone de transition entre le nord désertique et le sud au climat humide.

La topographie varie également d'une région à l'autre. Les vallées relativement plates du centre du Chili laissent ensuite place à la Cordillère des Andes, à l'est, et aux chaînes côtières, à l'ouest. Ces dernières se poursuivent souvent par des chaînes sous- marines, ce qui explique la rareté des plaines côtières.

Le pays peut être géographiquement et économiquement divisé en trois grandes régions : le désert du nord aux ressources minières importantes ; le Chili central, centre économique, politique et agricole du pays ; et le sud du Chili, région peu peuplée dont l'économie repose sur l'élevage des moutons.

Climats

Le Chili s'étire démesurément du nord vers le sud, ce qui explique en partie les contrastes climatiques qui affectent l'ensemble du territoire. Le climat subit également l'influence du courant océanique de Humboldt qui charrie des eaux glacées provenant de l'Antarctique et rafraîchit le climat des côtes chiliennes. Ainsi, alors que la température moyenne de Valparaiso ne dépasse pas 14C, elle atteint 18C sur le littoral oriental de l'Amérique du Sud, à Rio Grande, au Brésil.

Les précipitations peu abondantes du nord désertique du Chili sont également imputables à la proximité de ce courant océanique. Ce dernier refroidit en effet considérablement les vents du large qui ne se réchauffent, ensuite, qu'en balayant les côtes chiliennes. Ce réchauffement leur permet de rester chargés de vapeur d'eau et limite, par conséquent, les précipitations sur le continent. La haute Cordillère des Andes qui se dresse à l'est du pays fait, par ailleurs, office de barrière naturelle et empêche les alizés provenant de l'Atlantique et les vents qui soufflent à l'intérieur des terres de balayer le nord et le centre du Chili.

Le centre du Chili se trouve entre Coquimbo et Concepcion. Son climat est caractérisé par des étés chauds et secs et par des hivers froids et humides. Les températures dont généralement modérées. A Valparaiso, pendant les mois les plus froids (en juin et juillet), la température moyenne est de 11.3C alors que pendant le mois le plus chaud (janvier) elle ne dépasse pas 17.6C. Dans la Vallée centrale où le climat est plus froid en raison des altitudes plus élevées, les températures sont relativement similaires mais les extrêmes sont plus fréquents.

Au fur et à mesure qu'on avance vers le sud du Chili, les précipitations deviennent de plus en plus abondantes et la saison sèche de plus en plus courte. Au sud de Concepcion, la saison des pluies dure presque toute l'année. Dans certains endroits, il arrive même que la pluviométrie annuelle soit supérieure à 500 centimètres.

Pays

Le Chili s'étend sur une bande de terre particulièrement longue et étroite. Il possède donc le plus long littoral de la planète. Il s'étire en effet sur plus de 4 200 kilomètres, du nord vers le sud, et ne dépasse pas 445 kilomètres de large, d'est en ouest. Son autorité s'étend également sur certains territoires de l'Antarctique et sur l'île de Pâques (Papa Nui). Sa superficie totale représente 756 621 kilomètres carrés.

Les zones montagneuses représentent approximativement 70% du territoire et la Cordillère des Andes s'étend tout le long du Chili en formant une barrière naturelle qui sépare le Chili de l'Argentine et de la Bolivie. Les chaînes de montagnes culminent à plus de 6 000 mètres d'altitude dans le nord, leur altitude diminue ensuite progressivement au fur et à mesure qu'on avance vers le littoral méridional du Chili. La Cordillère des Andes abrite plusieurs volcans, mais la plupart d'entre eux sont éteints.

Les chaînes côtières qui longent le littoral Pacifique sont moins élevées et sont plus ou moins parallèles à la Cordillère des Andes. Elles s'étendent en effet entre 30 et 40 de latitude sud et sont entrecoupées par la Vallée centrale ou Vallée chilienne. Celle-ci est coupée en deux par des collines transversales peu élevées et s'étire vers le sud pendant près de 1 127 kilomètre jusqu'à l'océan Pacifique, près de Puerto Montt. Dans cette région, les montagnes côtières se prolongent par des chaînes sous-marines qui forment au-dessus de l'eau toute une série d'îles qui frangent la côte pendant plusieurs centaines de kilomètres.

Ressources naturelles

Le Chili est l'un des principaux producteurs de charbon, de minerai de fer, d'or, d'argent, de manganèse, de soufre, de pétrole, de nitrates et de cuivre de toute l'Amérique latine. Le Chili possède en effet les plus vastes gisements de cuivre du monde. Généralement, le cuivre représente, en valeur, approximativement 50% des exportations chiliennes. Trois des principales mines de cuivre se trouvent dans le désert d'Acatama qui occupe le nord du territoire.

La cordillère des Andes abrite également de nombreux gisements de minerai de cuivre de qualité inférieure. Au XIXe siècle, seul le cuivre de qualité supérieure pouvait être utilisé dans l'industrie. Au XXe siècle, grâce aux progrès technologiques, le minerai de cuivre de qualité inférieure peut désormais être employé dans le secteur industriel. Les mines de Chuquicatama, d'El Teniente, du Salvador et des Andes représentent près de 85% de la production totale de cuivre. Elles sont toutes les quatre placées sous le contrôle de l'Etat.

Le Chili dispose également de toutes les matières premières utilisées dans la sidérurgie. Immédiatement après le cuivre, le minerai de fer constitue l'une des principales ressources minières du Chili. Les mines de fer emploient en effet près de 5 000 personnes. Le Chili exporte l'essentiel de son minerai de fer au Japon. L'exploitation des premières mines de fer remonte à l'ouverture en 1908 de la mine d'El Tofo, dans le nord du pays. Celle-ci est désormais presque entièrement épuisée mais de nouveaux gisements ont ensuite été découverts en 1956, entre autres, à l'est d'Antofagasta à proximité de la frontière argentine (dans le nord), et au sud de Concepcion.

Les usines sidérurgiques chiliennes se concentrent surtout dans la région d'Huachipato, non loin de Concepcion. Elle sont dirigées par une corporation placée sous contrôle gouvernemental. Celle-ci est également chargée de l'exploitation des plus grandes mines de fer du pays. Les gisements de charbon qui se trouvent à proximité de ce site industriel permettent de fournir près de 60% du combustible utilisé par ces usines. Le reste du charbon est exporté vers les Etats-Unis et le Canada.

Les plus grands gisements de nitrate du monde se trouvent dans le désert d'Atacama. Au XIXe siècle, la plupart des pays étaient intéressés par un engrais capable de remplacer le nitrogène et de fertiliser les terres souvent épuisées par des cultures trop intensives. Le sodium de nitrate de l'Acatama commença par être utilisé dans les plantations de coton des Etats-Unis, puis dans certains pays européens et finalement en Egypte. En 1860, le Chili exportait plus de 50 000 tonnes de sodium de nitrate par an. Bien que le nitrate joue désormais un rôle moins important dans l'économie chilienne, le Chili occupe toujours le premier rang mondial en ce qui concerne sa production. La hausse des prix des engrais synthétiques fabriqués à partir du pétrole dans les années 70 a largement contribué à relancer cette industrie.

Les principales mines de charbon sont regroupées dans le centre du pays. Les mines de Lota, au sud de Concepcion, assurent à elles seules les deux tiers de la production. Encore plus au sud, le sous-sol de la péninsule de Lebu recèle des gisements de charbon de qualité inférieure, en partie sous-marins. Les mines d'Osorno-Chiloé assurent quant à elle un autre quart de la production nationale.

Comme la plupart des autres pays d'Amérique latine, le Chili dépend lourdement du pétrole et doit développer d'autres sources d'énergie afin de réduire cette dépendance. Son potentiel hydroélectrique est considérable mais en grande partie inexploité. Le pays dispose également d'importants gisements d'uranium et envisage l'implantation de centrales nucléaires dans un proche avenir.

En 1945, plusieurs gisements de pétrole ont été découverts dans l'extrême sud du Chili, à Tierra del Fuego. Le pétrole est ensuite acheminé par camions-citernes jusqu'au centre du Chili. Quant au gaz, il est d'abord liquéfié sur place avant d'être expédié vers le nord. Le principal site pétrochimique se trouve dans le détroit de Magellan. Il s'est spécialisé dans la production d'engrais chimiques destinés à l'exportation.

Végétation

La végétation du Chili varie considérablement entre le nord désertique et le sud au climat beaucoup plus humide. A l'extrême nord, le long du littoral, les plantes se sont adaptées aux froids brouillards hivernaux qui affectent cette partie du territoire. Dans le désert, seules quelques espèces végétales ont réussi à survivre à l'extrême salinité des sols et à l'absence de précipitations.

La Pampa de Tamarugal, au sud d'Iquique, abrite les derniers vestiges de l'ancienne forêt d'épineux qui couvrait autrefois une grande partie du territoire. A l'est, la végétation des versants de la Cordillère des Andes est dominée par les cactus et les buissons. Les broussailles poussent, quant à elles, en abondance dans le sud du pays et le long de la lisière méridionale du désert.

La végétation de la Vallée centrale est relativement diversifiée et varie en fonction de la latitude et de l'altitude. Dans les plaines, les buissons et les fourrés de mûriers sont les espèces végétales les plus courantes alors que sur la côte poussent toutes sortes de palmiers. La végétation devient de plus en plus dense au fur et à mesure qu'on descend vers le sud du pays. Dans le centre, les cultures ont progressivement remplacé la végétation originelle.

Dans le sud du Chili, entre Puerto Montt et le fleuve Bio-Bio s'étendaient autrefois de vastes forêts qui ont été, depuis, en grande partie défrichées. Les rares zones forestières qui existent encore se composent surtout de myrtes, de hêtres, d'arbres à feuilles persistantes et à feuilles caduques, mais aussi de fougères, de buissons, de mousses et de bambous sauvages.

Au sud de Puerto Montt, cette forêt dense laisse ensuite place à des forêts d'arbres à feuilles persistantes qui s'étirent vers l'ouest, jusqu'aux contreforts montagneux occidentaux de la Cordillère des Andes. A l'extrême sud du Chili, la forêt devient de plus en plus clairsemée. De vastes prairies lui succèdent ensuite à partir de la Patagonie chilienne. Elles servent de pâturages aux troupeaux de moutons.

Faune

La faune varie également entre le nord et le sud du pays. Dans le nord de la Cordillère des Andes, on rencontre quatre espèces de chameaux différentes mais aussi des cerfs, des pumas, des chats sauvages et des loups. Le chinchilla était autrefois un rongeur tout à fait typique de cette région, mais il est actuellement en voie de disparition. Les forêts du sud du Chili abritent, quant à elles, des renards, des cerfs et de nombreux marsupiaux.

Les oiseaux les plus courants sont les tourterelles, les canards et les perdrix. Le condor géant, emblème du Chili, vit presque exclusivement dans la Cordillère des Andes.

Les poissons d'eau douce sont relativement peu nombreux. La truite, originaire d'Amérique du Nord, s'est cependant parfaitement adaptée au climat chilien. Au large des côtes, les poissons marins sont en revanche très variés. La pêche au gros se pratique surtout dans la région de Tocopilla, au nord d'Antofagasta.

Population

On estime que seulement 5% des Chiliens ont des ancêtres indiens et que près de 25% des habitants ont des ancêtres espagnols, les métis représentant par conséquent 66% de la population totale.

En effet, peu après leur arrivée au Chili vers le milieu du XVIe siècle, les Espagnols se sont mêlés à la population indienne. Une nouvelle hiérarchie sociale s'est rapidement mise en place. Le fossé séparant les propriétaires terriens des simples travailleurs n'a ensuite cessé de s'accentuer au fil des années bien que les différences raciales existant entre ces deux classes sociales soient tout à fait mineures.

En 1980, la population urbaine représentait près de 80% de la population totale. Santiago, la capitale du Chili, est également la plus grande ville et le principal centre industriel, commercial et culturel du pays. Le port de Valparaiso, situé dans l'embouchure de l'Aconcagua, vient ensuite en second. Ces deux grandes villes sont reliées par une autoroute et par une voie ferrée. Vina del Mar, près de Valparaiso, est l'une des plus célèbres stations balnéaires d'Amérique latine. Concepcion est la troisième plus grande ville du pays. Avec la ville sidérurgique d'Huachipato et les ports de Talcahuano et de San Vicente, elle abrite l'essentiel de l'industrie lourde chilienne. C'est également un important centre agricole et minier vers lequel converge les voies de communication du Chili méridional.

Le Chili abrite de nombreuses grandes villes qui sont, actuellement, en plein essor. Au nord, Antofagasta assure l'exportation du minerai extrait dans le désert d'Atacama. Les raffineries et les pêcheries y sont également très nombreuses. Dans le sud du pays, Valdivia est spécialisée dans l'élevage du bétail, la sylviculture et l'industrie de la pêche. Elle est également célèbre pour ses usines textiles et alimentaires ainsi que pour sa maroquinerie et pour ses scieries. Encore plus au sud, Puerto Montt est devenue une ville très touristique. Elle assure également le transit des marchandises destinées à l'Argentine ou à l'extrême sud du Chili. Le Chili central : le coeur de la nation

Plus de 90% des Chiliens vivent dans le Chili central qui s'est également imposé comme le centre culturel, politique, financier, économique et social de la nation. Cette région abrite aussi la capitale, Santiago, dont l'architecture moderne rappelle celle des grandes villes européennes.

La Vallée centrale, dont les sols fertiles ont été enrichis par les sédiments charriées par les cours d'eau depuis la Cordillère des Andes, est le centre agricole du Chili. Les précipitations interviennent généralement en hiver, entre mai et août, alors que les étés sont le plus souvent très secs.

En été, une immense zone de hautes pressions se forme au large des côtes et donne naissance à des vents secs qui soufflent vers l'intérieur des terres. En hiver, cette zone de hautes pressions se déplace vers le nord permettant ainsi aux vents d'ouest chargés d'humidité de balayer le pays.

La vallée qui s'étend au sud de Bio-Bio est couverte de forêts très denses dans lesquelles les Indiens s'étaient réfugiés afin de lutter contre les envahisseurs espagnols il y a près de 300 ans. Après leur défaite, cette région a ensuite été colonisée par les immigrants européens, et en particulier par les Allemands.

Dans toute cette partie du territoire, le blé vient largement en tête des cultures. Les vignobles sont également nombreux et produisent du vin destiné à la consommation nationale. Les agriculteurs cultivent également, mais à une moindre échelle, de l'orge, de l'avoine, des haricots, du maïs, des olives, des agrumes, des pêches, du tabac et des pommes de terre.

Transports et commerce

Comme le Chili possède un littoral particulièrement étendu, les marchandises sont souvent transportées par voie de mer. Il existe par ailleurs au Chili plus de 30 ports internationaux. La marine marchande chilienne est l'une des plus importantes d'Amérique du Sud. La construction du Canal de Panama a largement favorisé les échanges commerciaux internationaux et le développement industriel du Chili.

Le réseau routier comporte plus de 56 000 kilomètres de routes mais moins de la moitié d'entre elles sont carrossables en toutes saisons. Les infrastructures routières les plus modernes se trouvent dans le Vallée centrale. Les principales villes sont reliées les unes aux autres par une compagnie aérienne placée sous contrôle gouvernemental. Le Chili possède plus de 8 000 kilomètres de voies ferrées, seules certaines d'entre elles sont cependant électrifiées. Les deux principales lignes ferroviaires relient les Andes à la Bolivie et desservent également les ports chiliens d'Arica et d'Antofagasta. La troisième relie le littoral Pacifique au littoral Atlantique. Il s'agit de la voie ferrée transandine qui dessert Valparaiso et Buenos Aires et serpente jusqu'à 3 200 mètres d'altitude dans la cordillère des Andes. Les éboulements sont cependant fréquents et ralentissent souvent le trafic. La quatrième ligne ferroviaire a été inaugurée en 1948. Elle traverse les Andes et relie Antofagasta à Salta, en Argentine. A l'exception de l'île de Chiloé, il n'existe pas d'infrastructures ferroviaires au sud de Puerto Montt. Le sud du Chili est en effet essentiellement desservi par voie aérienne.

Grâce à l'importance de son commerce extérieur, le Chili est l'une des nations les plus prospères d'Amérique du Sud. Il exporte des matières premières et importe des produits manufacturés. Le cuivre, le minerai de fer, le nitrate, l'iodine, l'or, l'argent, le soufre et le sulfate de sodium représentent, en valeur, 90% des exportations chiliennes. Le bois, les peaux de moutons et la viande (surgelée ou non) dominent le reste des exportations. En moindres quantités, le Chili exporte également vers les pays voisins des lentilles, des haricots, des pois, de l'avoine, de l'orge, des fruits, du vin et du bois.

Les principales importations du Chili concernent les machines, les produits chimiques, le pétrole et ses dérivés, les textiles, le sucre, les produits alimentaires et les équipements de transport. Les importations de pétrole ont notablement diminué après la découverte, en 1945, de nouveaux gisements de pétrole dans la région de Tierra del Fuego.

Les principaux partenaires commerciaux du Chili sont les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et d'autres pays d'Amérique du Sud.

Culture

La culture chilienne est l'une des plus fascinantes de toute l'Amérique latine. Sa littérature, et en particulier sa poésie, ont acquis une renommée internationale. Le célèbre poème "la Araucana" de Alonso de Ercilla y Zuzuga est considéré comme l'un des chefs d'oeuvre de la poésie épique. En 1945, l'écrivain Gabriela Mistral a été récompensé par le Prix Nobel de littérature. Ses deux romans les plus connus sont sans aucun doute "Desolacion" et "Los Sonetos de la muerte". Pablo Neruda, le célèbre poète chilien, a reçu le prix Nobel en 1971. Son poème épique "Canto général" a remporté un vif succès dans le monde entier.

La culture chilienne ne se limite pas seulement à la littérature. La ville de Santiago abrite ainsi un musée des beaux-arts, une bibliothèque nationale, une compagnie de ballet, plusieurs orchestres symphoniques et plusieurs compagnies de théâtre.

La musique et les danses folkloriques sont également très populaires. Le calendrier est émaillé de nombreuses fêtes religieuses qui commémorent les épisodes les plus marquants de l'histoire chilienne. Les rodéos et les cow-boys aux costumes colorés font également partie intégrante du folklore chilien.

Le football est sans aucun doute le sport favori des Chiliens qui viennent assister par milliers aux matchs qui opposent les différentes équipes du pays. La plupart des grandes villes possèdent leur propre stade. Les stations balnéaires les plus en vogue sont celles de Concon, de Vina del Mar, de San Antonio et de Cartagena. Les sports hippiques, le ski et le tennis sont aussi très populaires.

Système éducatif

Les écoles publiques sont gratuites et la scolarisation des enfants est obligatoire. Plus de 90% des Chiliens savent lire et écrire. L'excellence du système universitaire chilien est reconnu dans l'ensemble de l'Amérique latine. Il a longtemps été très centralisé mais les réformes de 1981 et de 1982 ont permis aux universités provinciales de devenir autonomes. En effet, jusque-là seules les universités de Santiago occupaient une place prééminente. A l'heure actuelle, on estime que près de 100 000 étudiants suivent un cursus universitaire.

Histoire et gouvernement

En 1541, Pedro de Valvidia fonde la ville de Santiago. La colonisation a cependant été relativement lente dans la mesure où les Espagnols se sont heurtés à une forte résistance de la part des tribus indiennes indigènes.

En 1810, un mouvement d'insurrection indépendantiste dirigé par le général Bernado O'Higgins du Chili et le Général José de San Martin d'Argentine combat les Espagnols et remporte la victoire. La proclamation de l'indépendance du Chili, en 1818, s'accompagne de l'instauration d'une dictature dirigée par O'Higgins. Ce dernier essaie de moderniser les infrastructures routières, le système éducatif et les services médicaux. Il tente également de mettre un terme au banditisme et de développer le commerce extérieur du pays. Il se heurte cependant à l'hostilité de la population et est contraint de démissionner en 1823. En 1833, le Chili adopte alors une constitution qui prévoit la mise en place d'un gouvernement centralisé.

Au cours du XIXe siècle, les progrès sociaux sont considérables et le Chili connaît un important développement économique. L'immigration est multipliée par deux entre 1840 et 1870. Grâce aux investisseurs étrangers, l'industrie chilienne se développe rapidement pendant cette période. Alors que les autres pays d'Amérique latine sont en proie à de continuelles guerres civiles, la situation politique demeure relativement stable au Chili qui n'est troublé que par la révolution de 1891.

L'essor de l'exploitation minière du désert d'Acatama remonte à 1860 avec l'utilisation du nitrate de sodium dans la fabrication d'explosifs. Les frontières de l'Acatama sont encore floues et les revendications territoriales du Pérou et de la Bolivie concernant les gisements de l'Acatama déclenchent la guerre du Pacifique (1879-1883). Le Chili sort victorieux de ce conflit et occupe la capitale péruvienne de Lima. Conformément au traité d'Ancon, les territoires péruviens du désert d'Acatama sont ensuite rattachés au Chili. La Bolivie se trouve ainsi dépossédée de toute sa façade maritime et ne dispose plus d'accès direct à la mer. L'ensemble des gisements de nitrate sont, dès lors, placés sous le contrôle du Chili. Leur exploitation se révèle très rentable et contribue largement à l'essor de l'industrie chilienne.

Durant la Première Guerre Mondiale, les exportations annuelles de nitrate ont souvent été supérieures à 3 000 000 tonnes. L'Allemagne réussit cependant, pendant cette période, à fabriquer du nitrogène synthétique. Après la guerre, les exportations de nitrate sont par conséquent devenues beaucoup moins rentables.

L'effondrement des prix du nitrate a des conséquences désastreuses sur l'économie chilienne qui met plus de 10 ans à surmonter cette dépression économique. En 1925, une nouvelle constitution est adoptée afin de répondre aux revendications des travailleurs et de mettre un terme aux troubles politiques. Conformément à cette Constitution, qui se caractérise par la législation sociale la plus avancée de toute l'Amérique latine, le président et les membres du congrès sont élus par la population. Le mandat présidentiel est limité à six ans. En 1949, les femmes obtiennent le droit de vote.

Le Chili est dévasté par plusieurs tremblements de terre en 1960 et en 1965. Le président Eduardo Frei lance un vaste programme de réformes sociales et économique en 1965. En 1970, Salvador Allende Gossens devient le premier président communiste de l'hémisphère occidental. Les mines, les banques, le commerce extérieur sont alors placés sous le contrôle de l'Etat. Il effectue également une importante réforme agraire. Ces mesures sont suivies par un effondrement économique rapide qui s'accompagne d'un sanglant coup d'Etat en 1973.

Sous le régime militaire du Général Augusto Pinochet Ugarte, tous les partis politiques et les syndicats sont dissous. Le développement économique du Chili et le système éducatif font l'objet d'une planification gouvernementale. En 1980, Pinochet obtient le renouvellement de son mandat présidentiel qui est prolongé de huit ans grâce à l'adoption d'une nouvelle constitution. La fin de l'état d'urgence est décrété en août 1988. Le 5 octobre suivant la population rejette au scrutin le renouvellement du mandat de Pinochet dont le régime est condamné par de nombreuses organisations internationales pour non respect des droits de l'homme. La défaite de Pinochet est suivie le 14 décembre 1989 par de nouvelles élections présidentielles qui sont remportées par le candidat de l'opposition : Patricio Aylwin Azacar's.

L'élection de Patricio Aylwin marque le retour de la démocratie au Chili et s'accompagne de la libération de tous les prisonniers politiques emprisonnés sous le régime de Pinochet. Ce dernier demeure toutefois le commandant en chef de l'armée. En 1994, le candidat démocrate-chrétien Eduardo Frei Ruiz-Tagle sort vainqueur des élections présidentielles.

Remerciements à l'auteur :

Cet article a été écrit par Robert N. Thomas, Professor of Geography, Michigan State University.