- NICARAGUA -
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Les passages de douane, qui se font généralement rapidement et sans ennuis, devaient nous réserver une petite surprise à l’entrée du Nicaragua. En effet, après s’être acquitté des quelques dollars de droit de passage, nous apprenons qu'il faut un certificat pour tout véhicule traversant le pays, les vélos ne faisant pas exception à la règle. En voyant le temps mis pour remplir la paperasse et tout le travail de fonctionnariat en général, on peut deviner un certain manque d'organisation (mais quand on aime, on ne compte pas ...). Cependant, contrairement à la Suisse, les fonctionnaires ont toujours le sourire et adorent remplir des multitudes de petites feuilles tamponnées et dûment signées.
Le système de la répartition du travail fonctionne bien: payer à un guichet, faire 300m dans un autre immeuble pour payer une deuxième taxe, revenir dans le 1er bâtiment pour montrer qu'on a bien payé deux fois, et voilà un tampon de plus appliqué dans le passeport. Ces formalités remplies, et munis d'un permis de circulation flambant neuf, nous partons pour Managua, capitale du pays, une ville sans charme particulier et dont le centre ville est inexistant puisque tout a été détruit depuis le tremblement de terre de 1972.
Pierre, qui voulait aussi sa rubrique dans les anecdotes, constate que la barre oblique de son cadre se fissure suite aux coups reçus durant le transport en avion (Genève-Mexico). Le vélo arrive tant bien que mal a Managua, grâce au travail d’Hervé et Fredo, virtuoses du rouleau de scotch. Toutes ces misères ne l'ont pas empêché d'admirer le lac de Managua, avec les volcans Momotombo et Momotombito en arrière plan. Ce pays nous laissera un souvenir religieux très marquant ! Nous étant fait inviter dans une famille et ayant terminé notre plat typique (thon – riz - sauce tomate), le père vint nous demander si l'on croyait en Dieu. Devant trois réponses négatives et tant d’incrédulité, il ne désarma pas et courut chercher sa bible afin de nous convertir au plus vite. Par pure politesse, il ne nous restait plus qu'à écouter, pendant deux bonnes heures, le commencement, la création, l'apocalypse, sans oublier la mort et la résurrection du christ. Heureusement pour nous, sa femme étant un peu fatiguée, lui demanda d’arrêter de prêcher la bonne parole et d'aller au lit. C'est à ce moment la qu'on comprit qu'il y avait aussi un dieu pour les cyclistes fatigués ! Un avantage non négligeable quand même: nous sommes bénis pour un bout de temps puisque nous avons prié tous ensemble au petit matin, les yeux fermés et où l'exercice le plus difficile résidait dans le fait que nous ne pouvions éclater de rire. Le soir d’après, nous dormons chez un prêtre cette fois-ci. Soirée inoubliable avec ce " padre vitamines " révolutionnaire, qui boit de la bière, mange des vitamines à l’américaine et qui a un mixer pour des super jus à céréales multiples.
Avec ses 4 millions d'habitants, le Nicaragua est un des pays les plus pauvres d’Amérique centrale et où le taux d’analphabétisme atteindrait 45%. C'est un pays agricole ou l’élevage et la production de maïs occupent une place importante. L'ouragan Mitch détruisit énormément de routes et d'habitations dans ces deux pays, mais la restauration rapide des axes principaux nous permit de rouler sur des routes quasiment neuves. Certaines villes portent encore les séquelles du passage de Mitch (spécialement Choluteca au Honduras) et certains petits villages ont été reconstruits provisoirement (espérons-le) avec des toits en tôle et des murs en toile plastique par les organisations humanitaires. Cependant la situation n'est plus critiques en ce qui concerne les épidémies prévues, qui, heureusement, ne se sont pas développées (selon les dires d'un français travaillant pour Médecins sans Frontières).