- PANAMA -

Tout savoir sur le Panama

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Panama, pour celui qui vient du Nord, c'est déjà un peu le bout du monde. L'Amérique Centrale se rétrécit jusqu'à ne mesurer qu'une centaine de kilomètres, à la fois un pont entre deux continents et une barrière entre deux océans. La panaméricaine, qui relie l'Alaska a la Terre de Feu, n'a jamais été construite au travers de la jungle du Darien, et celui qui veut aller en Amérique du Sud à le choix entre tenter une traversée à pied, trouver un bateau pour la Colombie ou plus simplement prendre l'avion. Panama, c'est aussi une succession de plaines côtières couvertes de bananiers, des chaleurs étouffantes et une humidité 'dégoulinante'.

Panama, c'est enfin, pour trois cyclo-topios, le souvenir de quelques rencontres aussi épiques que passionnantes. Imaginez trois Suisses un samedi soir, sous un avant toit, derrière une station service. Trois types en voitures (dont le patron de la station) nous proposent d'aller boire des bières, ce qui ne se refuse pas. Curieuse coutume: un des gars va acheter les bières, et on les boit dans la voiture. Puis, n'ayant plus tant soif, ils veulent aller à la plage prendre un bain de minuit. On préfère aller au bal du village, mais au retour une méchante surprise nous attend: le cadenas qui ferme le local où se trouvent nos affaires ne correspond pas à la clef qu'on nous a donnée. Retour à la fête pour retrouver les gars qui, finalement, feront sauter le cadenas en tirant dessus avec leur véhicule 4x4. On se couche à 5h, tout contents d'avoir rendez-vous quelques heures plus tard avec Abdiel, un type à moitié bourré rencontré la veille, pour aller chez sa maman à la plage. Il arrive en zigzaguant sur son vélo, visiblement pas encore très bien remis, et nous mène à la plage de Las Lajas non sans manquer de percuter tous les véhicules qu'on croise. La plage méritait bien d'être découverte: des rouleaux qui feraient le bonheur du plus blasé des surfeurs nous donnent l'impression de nous baigner dans une machine à laver, programmée sur " essorage rapide ".

La route nous mènera ensuite à la capitale, à proximité de laquelle se trouve une curiosité qu'on se réjouissait de découvrir: - le canal de Panama. L'histoire du pays, dès son origine, est étroitement liée à la présence du canal. C'est en effet la construction de ce dernier qui a motivé le soutien américain à l'indépendance panaméenne, autrefois province colombienne. Le canal est aussi une importante source d'emplois et de revenus, les cargos payant en moyenne près de 30'000$ pour le passage. A la fin de cette année, le pays s'apprête à fêter un événement important: le retour, 100 ans après sa construction, du canal sous administration panaméenne.

Après avoir copieusement fêté (à la langouste) le passage symbolique des 5000 km, on va voir de près, à Miraflores, à quoi ressemblent les écluses. Les bateaux sont descendus à cet endroit d'environ 15 m en deux étages (le point le plus haut du canal étant à 26m du niveau de la mer). C'est un véritable spectacle de voir d'énormes cargos, à peine moins larges que les bassins, s'y enfiler tractés et guidés par de petites locomotives électriques. Tous les constructeurs de bateau auraient, parait-il, en tête les dimensions du canal de Panama. Les bateaux de plaisance, quant à eux, sont tractés à main d'homme et il y aurait moyen de payer son passage pour la Colombie en effectuant ce travail. On déchante rapidement: après avoir croisé d'autres voyageurs bredouilles, et essayé par nous mêmes, on apprend que la saison des ouragans arrive sur les Caraïbes et que les plaisanciers partent tous au sud, à Hawaii ou aux Galápagos.

Après une brève concertation, on se résout à prendre l'avion pour Medellin, passant brutalement des chaleurs humides de la côte aux agréables fraîcheurs de la sierra colombienne. Notre périple panaméen peut-être un peu trop rapide pour bien découvrir le pays, n'en aura pas moins été riche en découvertes.